Déconnectons-nous
Par M.Boyer

J’ai supprimé Instagram. Cela fait exactement deux jours et six heures, et parfois mon pouce fait imperceptiblement ce geste qu’il connaît par cœur : scroller dans le vide.
À l’heure de l’hyper connexion, j’ai fait ce choix pour plusieurs raisons : Instagram, comme d’autres réseaux sociaux, est une perte de temps infinie et la merveilleuse période des concours et examens de fin d’année approche : le temps je n’en n’ai plus beaucoup, surtout à perdre.
De plus, à l’époque du Big Data, Facebook comme Instagram récupèrent chaque donnée qu’on veut bien leur donner. Par le biais d’algorithmes, ces entreprises arrivent à savoir ce qu’on aime, polluent nos écrans avec ce que l’on souhaite voir, nous enferment dans des bulles de désinformation et surtout, collectent nos informations sans qu’on sache réellement ce qu’ils en feront plus tard.
Bien évidemment, en Europe nous sommes quelque peu protégés avec le règlement européen sur la protection des données (RGDP), entré en application le 25 mai 2018. Ce dernier impose aux entreprises d’obtenir notre consentement clair pour utiliser nos données. Nous pouvons même en demander la copie. Et pourtant. Nous ne sommes pas totalement à l’abri de voir nos informations collectées malgré notre désaccord, notamment à cause des « thirds-parties » (parties tiers) c’est-à-dire … nos amis Facebook, qui peuvent accepter pour nous. Ainsi, c’est grâce au privacy bridge (Ndlr consentement en cascade) que Facebook a pu récolter les données de millions d’utilisateurs durant l’affaire Cambridge Analytica.
Alors que faire ? Pour Marc Atallah, Datascientist chez Mazars (Audit) le seul vrai rempart, c’est nous : si l’on veut rester anonyme, il faut quitter ces réseaux. Et sans aller jusqu’à surfer sur le Darknet (Ndlr : l’Internet non recensé par les moteurs de recherches classiques, qui permet l’anonymisation des utilisateurs), utiliser des services qui permettent de ne pas laisser de trace : Protonmail à la place de Gmail, Signal pour remplacer What’s app. Nombreuses, mais payantes, ce sont pour le moment les seules alternatives accessibles à tous. Ou alors il faudra simplement se déconnecter.
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